Revue volatile

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Et si vous vous lanciez dans les dramas coréens ?

par | 28 Déc 2020 | Chroniques

Et si vous vous lanciez dans les dramas coréens ?

par | 28 Déc 2020 | Chroniques

Article Sapin

Introduction aux dramas coréens et présentation de “W – Two Worlds”

Pour cette première chronique personnelle, j’ai fait le choix de vous parler d’un genre de séries qui me tient particulièrement à cœur : les dramas coréens. Je parle de « dramas coréens » et non simplement de séries coréennes pour deux raisons : tout d’abord car en coréen on les appelle 한국드라마, hanguk deurama (tout comme on appelle dramas les séries japonaises selon la même logique ; cela s’écrit テレビドラマ, prononcé terebi dorama). Ensuite plus personnellement, je précise toujours « dramas coréens » pour renforcer la différence avec les séries occidentales. Les dramas coréens ont une structure très caractéristique qui en fait un genre à part entière, avec tout de même de multiples sous-genres (policier, romance, comédie dramatique, historique, fantastique…).

Il y a plusieurs raisons qui me motivent à vous parler de ces séries : tout d’abord leur origine géographique qui crée obligatoirement un dépaysement, ensuite, leur format, avec des épisodes très longs, qui offre une réelle parenthèse dans notre quotidien, et puis enfin, leur côté feel good et émotionnel qui transporte dans une ribambelle de sentiments. Pour faire simple, les dramas coréens sont aussi doux qu’un téléfilm de Noël mais beaucoup plus complexes et prenants (même si le héros riche très beau finit avec l’héroïne au grand cœur très belle).

Pour mieux vous présenter ce genre, je vais commencer par vous parler de sa structure.

Un drama n’a qu’une saison (sauf très rares exceptions), de 15 à 20 épisodes, qui durent en général une bonne heure. Ce format permet d’avoir une histoire construite de façon fermée, on a une évolution des personnages et des intrigues cadrée dans une temporalité précise. Je trouve ce rapport au temps particulièrement agréable, car on a toujours des vraies fins qui ont été construites dans une cohérence scénaristique et chaque épisode permet un déroulement des événements qui va crescendo. Comme il n’y a qu’une saison, tout est dosé pour amener à la conclusion sans laisser de questions en l’air ou d’ouvertures trop vagues.

La structure narrative ou la formule magique des dramas coréens

Comme je l’ai évoqué en introduction, on est sur une narration un peu cousue de fil blanc mais avec des intrigues en mille-feuille (j’aime bien les images). Ce qui me plaît dans ces dramas c’est le mélange entre ce que l’on peut prévoir et toutes les péripéties qui nous surprennent. On s’attend toujours à ce que le couple (hétérosexuel évidemment) principal finisse ensemble, même s’il est riche et elle pauvre, même s’ils se détestent au départ, même si c’est une attirance à sens unique (lui l’aime mais elle le méprise car il est trop égoïste), etc. On le sait dès le départ, et c’est ce qui nourrit aussi notre implication, on se demande quand cela va se faire, comment, quelles péripéties vont les séparer ou les rapprocher et c’est aussi une façon d’impliquer notre empathie (ou antipathie) envers eux.

Dans cette même logique, l’univers est rempli d’éléments superficiels satisfaisants, présents dans chaque drama (la recette des téléfilms de Noël). La richesse est très présente dans la majorité des cas, ce qui implique de magnifiques lieux, hôtels, tenues, une aisance pour voyager, se déplacer en ville, faire des caprices, et l’argent peut aussi avoir le rôle de deus ex machina qui reste très agréable.

On voit, par exemple, que l’héroïne va rencontrer une personne dangereuse, mais le héros va arriver juste à temps en utilisant sa voiture de luxe et en roulant à une vitesse folle, tout en envoyant ses gardes du corps sécuriser le lieu de rendez-vous. On le sait mais on suit quand même cette action et le dénouement avec satisfaction.
Il faut accepter l’univers pour accepter de se faire avoir par ces facilités superficielles. On a des paillettes plein les yeux, on est plongés dans un univers excessivement parfait, qui contraste en général avec un milieu plus modeste.

Et du point de vue d’une française, c’est tout aussi plaisant de « toucher » à l’ultra richesse que de découvrir les quartiers des classes moyennes de Séoul, de se promener dans les villages coréens, les épiceries ouvertes en continu, les restaurants familiaux typiques, la street food, les transports en commun…

Que ce soit d’un côté ou de l’autre, on savoure le dépaysement et la beauté des décors. Et évidemment, pour donner du piment à ces lieux communs de dramas coréens, se tissent des histoires très bien écrites. Pour préciser ce point, je vais prendre l’exemple d’un drama que j’ai découvert cette année et que je vous recommande :

 

 

W – Two Worlds : des deux côtés de la tablette graphique

W – Two Worlds est un drama coréen de 16 épisodes qui traverse plusieurs genres : le fantastique, la romance, le thriller et le suspense.

Comme le nom l’indique, ce drame joue sur deux mondes parallèles ; le monde d’un webtoon (bande dessinée coréenne publiée en ligne et imprimée en cas de succès populaire), et le monde réel.

 

Synopsis

Dans le webtoon « W », le héros, ancien champion olympique de tir, est accusé à tort d’avoir tué toute sa famille. Il finit par être innocenté et décide dès lors de mettre son énergie et son intelligence dans la création d’une chaîne de télévision d’investigation avec le projet de retrouver le meurtrier de sa famille. Il devient multimillionnaire grâce à cet empire télévisuel. Un jour il reçoit un étrange coup de fil qui le fait se rendre sur le toit d’un bâtiment où il se fait poignarder. À cet instant, il tend la main et attire à lui une jeune femme, la fille du dessinateur du webtoon.

Évidemment il n’y aura pas de spoiler dans cette chronique et je vais juste vous expliquer dans les grandes lignes pourquoi j’ai choisi ce drama comme recommandation.

Principalement, même s’il n’est pas parfait, car il est très original. J’ai vu beaucoup de dramas et celui-ci se démarque par la complexité de son scénario. On a deux mondes qui coexistent et sont co-dépendants. Le monde réel a créé le monde du webtoon mais une brèche dans les univers s’est créée suite à une erreur scénaristique du dessinateur et des personnages obtiennent ainsi un libre arbitre et prennent conscience de leur condition.

Les deux mondes sont intelligemment créés – même si persistent des incohérences – et ils soulèvent des questions très intéressantes pour toute personne qui écrit de la fiction.

 

Où se situent les auteurices par rapport à leur univers ?

Dans W – Two Worlds, on suggère qu’il existe une responsabilité des auteurices par rapport aux personnages fictifs. Il faut savoir que j’ai un rapport très passionnel aux univers fictifs, ce qui me rend très empathique et impliquée dans les séries ou les films que j’ai l’occasion de voir. Lorsque j’ai regardé W – Two Worlds, j’ai dû faire face à une double implication émotionnelle : tout d’abord envers les personnages du dramas du monde « réel » puis les personnages fictifs… du monde fictif, dans le monde fictif. Vous me suivez ? 

C’est un peu étourdissant mais j’ai adoré me projeter dans un univers où les mondes que l’on crée en tapotant sur nos claviers ou en gribouillant sur nos carnets peuvent tout aussi bien avoir une réelle indépendance et dépendre vraiment de nos choix. Sans révéler trop de choses, l’intrigue est donc fondée sur le fait que le scénariste du webtoon a fait des choix dans son histoire sans réfléchir au dénouement et même si cela allait mener quelque part, sans résoudre des éléments importants. Comme en parle Sapin dans son reportage, il pourrait rentrer dans la catégorie des auteurs jardiniers, ce qui n’a rien de bien ou de mal en soi mais dans l’univers du webtoon cela va créer un déséquilibre. Un élément scénaristique est amorcé et n’est jamais résolu, il manque un engrenage dans la cohérence de leur univers et c’est ce problème qui crée la brèche entre les deux mondes.

J’ai trouvé cette idée captivante, que même si on se laisse guider par notre plume, il faut aller quelque part pour une raison, on se le doit à soi-même, à nos lecteurices et finalement peut-être aussi à nos personnages. Qui sait, peut-être qu’il existe des milliers d’ailleurs où nos personnages évoluent, grandissent et avancent au bon vouloir de notre inspiration ?

 

Richesse, trentenaires, thriller et émotions : tout ce qui me plait

Enfin, je voulais revenir sur des points que j’ai appréciés et qui sont plutôt liés au genre du drama coréen. J’ai 25 ans et ma consommation de séries est liée à un désir de fuir la réalité tout en pouvant me projeter. C’est pour cette raison que j’adore les dramas coréens qui ont des intrigues avec des personnages dans la fin de la vingtaine ou qui sont trentenaires et qui ont des problèmes de jeunes adultes, mais… dans un monde très loin du mien.

Ce drama a aussi évidemment son couple hétérosexuel principal (vous aurez déjà deviné de qui il s’agit) mais pour changer des autres dramas, cependant, ils sont rapidement ensemble et il y a des scènes de baisers plutôt réalistes – pour des dramas. C’est enfin une relation adulte qui est installée et c’est assez appréciable et rare pour le signaler.

Cette relation amoureuse et la relation entre les deux mondes sont construites autour de beaucoup de tensions et liées par des éléments de thriller, ce qui permet à la série de passer des moments amusants, lumineux et romantiques à des ambiances angoissantes, sombres et sérieuses. C’est très fort et ce jeu dans les émotions est réussi et très agréable. On en ressort toujours un peu chamboulé, surtout en jouant le jeu de ne rien faire d’autre pendant l’heure que dure un épisode.

Je vous recommande donc ce drama, W – Two Worlds (disponible sur Netflix) ou bien d’autres dramas coréens, au moins pour tenter l’expérience de ce genre de séries car vraiment, c’en est une !

* * * 

 

P-S :

Si vous voulez vous laisser séduire par d’autres dramas, voici quelques suggestions : 

PINOCCHIO 

Synopsis

Choi In-Ha et Choi Dal-Po se connaissent depuis que Dal-Po a été adopté par le grand-père d’In-Ha pendant leur enfance. Ils s’entendent comme chiens et chats et se détestent autant qu’ils s’aiment. Jeunes adultes, ils décident tous les deux de se lancer dans le journalisme pour des raisons personnelles. Mais Choi In-Ha souffre du syndrome de Pinocchio, maladie fictive se manifestant par un hoquet systématique lorsque l’on ment, et Choi Dal-Po voue une haine profonde aux médias, qui sont la cause de la perte de sa famille biologique… Parviendront-ils malgré tout à devenir de bons reporters ?

Pourquoi je vous la recommande : Cette fois-ci, on est plongé·es dans le monde du journalisme et des reporters ; c’est une grande enquête qui guide tout le drama. Beaucoup d’éléments sont très précis, on en apprend beaucoup sur le dessous des médias et le syndrome de Pinocchio est très bien trouvé et utilisé.

Source : https://www.dramapassion.com/ 

 

GOBLIN

Synopsis 

Durant l’ère de Goryeo, Kim Shin était un général invincible, mais jalousé par un jeune roi manipulé. Trahi, il sera condamné à mourir par son épée. Il reviendra alors à la vie sous la forme d’un être immortel, nommé le Gobelin. Il sera alors amené à rechercher la seule personne qui sera à même de retirer l’épée et le libérer : sa fiancée. Kim Shin vit temporairement avec la faucheuse (Grim Reaper) qui est à la recherche d’une âme disparue, une humaine nommée Eun Tak qui aurait dû mourir il y a longtemps mais qui a été sauvée, et qui serait en réalité la fiancée du Gobelin. 

Le destin sera-t-il plus fort que tout ? Le Gobelin sera-t-il libéré de son éternité ?

Pourquoi je vous la recommande : C’est une série très très drôle, qui se passe entre le Séoul de nos jours, dans le passé (avec les tenues traditionnelles qu’on adore) et Québec — oui oui la ville de Québec au Québec, le drama a vraiment été tourné là-bas, c’est magnifique. C’est beau, touchant, la coloc entre le Gobelin et la faucheuse est juste géniale et c’est un des meilleurs dramas que j’ai vu !

 

Retrouvez cette fable fantastique qui a battu tous les records d’audiences !

Source : https://www.dramapassion.com/  

 

DESCENDANTS OF THE SUN 

 

Synopsis

Yoo Si Jin (Song Joong Ki) est un jeune commandant en chef d’une unité militaire d’élite : celle des forces spéciales, aussi connue sous le nom de troupe du maintien de la paix des nations unies. Yoo Si Jin et son second se font voler un téléphone et finissent par se rendre à l’hôpital où celui-ci a été transporté afin de le récupérer. C’est ainsi que Yoo Si Ji fait la connaissance du docteur Kang Mo Yeon (Song Hye Kyo), une chirurgienne aussi belle que talentueuse, et pour qui il a le coup de foudre au premier regard.  

Alors que son travail à lui implique, parfois, le sacrifice de vies humaines tout en risquant la sienne, sa vocation à elle consiste à sauver toutes les vies, sans exception. Bien que des sentiments commencent à naître entre eux deux, leurs différences et désaccords finissent rapidement par les séparer. Ce n’est que quelques années plus tard qu’ils finiront par se retrouver. Le capitaine Yoo Si Jin est envoyé avec son équipe au pays d’Uruk, qui depuis quelque temps est déchiré par la guerre. Kang Mo Yeon y sera envoyée plus tard en tant que médecin bénévole. Ils commenceront alors à devoir travailler côte à côte en faisant face à des situations dangereuses, tout en reconsidérant leurs sentiments l’un pour l’autre.

Pourquoi je vous le recommande : Pour changer, même s’il y a une histoire d’amour, le drama ne se passe pas en Corée mais dans un lieu de guerre désertique. Le contexte aussi est différent, on est dans un cadre de recours humanitaire et ce drama apporte pas mal de réflexions sur la façon de procéder sur le terrain, en période de conflit et de crise. Bonus : les acteurs qui jouent les soldats sont beaux et musclés et on a aussi beaucoup de problématiques de vies d’adultes.

Source : https://world-of-drama-passion.skyrock.com/3273983620-111-Descendants-Of-The-Sun.html 

 

 

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2 Commentaires

  1. Juliette

    Vacances oblige, j’en n’avais pas encore lu ton article : je me rattrape enfin ! Et merci pour ce partage, le moins que l’on puisse dire c’est que tu maitrises ton sujet (dont je n’avais jamais entendu parler, j’avoue).

    La porosité entre monde fictif et monde réel est un concept hyper intéressant, en effet ! C’est le rêve de tout auteur que d’imaginer que ses persos existent vraiment (quoique… ça dépend des personnages haha) !

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  2. Avatar

    Je vois toujours passer 1000 recommandations de dramas sur Netflix, et ton article m’a donné une folle envie de m’y remettre !! Reste plus qu’à me dégager du temps pour ça… 😱

    Réponse

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