Revue volatile

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Dix albums pour passer l’hiver (Partie 2)

par | 29 Jan 2021 | Chroniques

Dix albums pour passer l’hiver (Partie 2)

par | 29 Jan 2021 | Chroniques

Temps de lecture : 5 minutes

Oh, vous êtes encore là ? Bienvenue dans notre humble nid, vagabonds en long manteau de plumes ; il reste un peu de bois pour le feu, et quelques disques à faire tourner avant que le printemps ne vienne nous envelopper de bourgeons.
Est-ce que votre écoute préfère rimer avec douceur, jazz ou énergie ? Il y en a pour tous les goûts ! Chaque oiseau du collectif vous présente dans cet article un album qui l’a marqué, qu’il s’agisse d’une sortie récente ou d’un favori de longue date, ainsi que quelques morceaux en bonus pour accompagner votre journée. La semaine dernière, la première moitié d’entre nous vous proposait son univers, à présent, ce sont Salomée, Sapin, Caroline, Théo et Séraphin qui prennent le relais.

Pour la première partie, c’est par là !
Pour la seconde, eh bien, installez-vous confortablement, c’est juste sous vos yeux :

Perrine

L’album de Salomée

Douze oiseaux dans la forêt de pylônes électriques de Nicolas Jules, paru le 1er décembre 2021

Nicolas Jules sait-il faire le poète sans les mains ? La question, soulevée par l’intéressé dans son album Powète (2008) demeure. À défaut de cette prouesse, on le sait capable d’écrire, composer, jouer, enregistrer, mixer, dessiner et produire. Ainsi a-t-il employé son temps durant le premier confinement, pour nous offrir aujourd’hui Douze oiseaux dans la forêt de pylônes électriques : douze titres, douze méditations poétiques, drolatiques ou cyniques sur l’époque et l’amour, à accrocher « autour de [son] cou comme des colliers de nouilles » ; douze fragments aux sobres arrangements, servis par une écriture découpée au couteau, ainsi qu’il le chante lui-même, « Un couteau pour ne garder que l’essentiel / le dernier mot ». Nicolas Jules n’a pas dit son dernier mot, cependant, et c’est heureux. Il prépare déjà son prochain album, en attendant de retrouver le plaisir de la scène.

Perrine

L’album de Sapin

For now I am winter d’Ólafur Arnalds, sorti en 2013

La première fois que j’ai entendu un de ses titres, c’était dans une vidéo de speed painting d’Agnès Cécile. Depuis, je suis éperdument fan des deux artistes. Mais aujourd’hui, c’est d’Ólafur Arnalds dont je veux parler, et de l’album qui m’a accompagnée dans mon écriture, mais aussi dans certaines épreuves de ma vie, et toujours en balade nocturne en hiver, évidemment. Chaque titre appartient à son propre monde, comme si chaque note se faisait démiurge pour nous ouvrir les portes d’un univers unique et onirique. Tantôt douces, tantôt percutantes, parfois accompagnées de paroles à contretemps posées entre les notes par une voix profonde, ces petites œuvres représentent, pour moi, un chemin à parcourir, empli de rêveries et d’inaccessibles paysages islandais à saisir le temps de quelques minutes.
Fermez les yeux, laissez-vous guider par ce maestro d’une générosité musicale autant qu’humaine. Pour l’accompagner, je lui joins d’autres artistes venus d’autant de galaxies ; il n’y a pas de frontière dans la musique, alors bon voyage !

Perrine

L’album de Platy

so sad so sexy de Lykke Li, sorti le 8 juin 2018

Un album merveilleux, difficile de dire le contraire en vous le recommandant. La voix douce et mélodieuse de Lykke Li traverse des chansons pop, RnB avec des touches électroniques. Les rythmes sont parfois lancinants, et parfois ils donnent au contraire envie de se laisser porter pour bouger, danser. C’est un album teinté d’ombres mais avec des éclaircies fortes, notamment dans la chanson finale utopia qui est aussi belle et douce qu’un soleil couchant en plein été. Cet album s’écoute sans pauses, tout s’enchaîne parfaitement, on est transporté petit à petit vers de nombreuses émotions. Je ne m’en lasse pas, une nouvelle m’a même été inspirée par plusieurs titres de so sad so sexy (ce titre n’est-il pas déjà en soi un argument pour l’écouter ?).

Perrine

L’album de Théo

Koi no yokan de Deftones, sorti le 12 novembre 2012

Comment commence une passion ? Souvent, il faut un élément déclencheur, une matière d’introduction pour pénétrer un nouvel univers. Deftones ne fut pour moi qu’une succession de portes d’entrée. L’album Koi no yokan n’est que l’une d’elles.
Ce septième opus repose sur le même terreau qui fait l’identité et l’intérêt de la formation : l’alchimie de ses membres et l’équilibre musical entre beauté, émotion et violence. Aucun morceau ne ressemble à un autre, chacun proposant de larges variations d’intensité et de couleur.
Koi no yokan (locution japonaise intraduisible désignant le sentiment qui précède une rencontre amoureuse) met en scène une histoire d’amour passionnelle, tant dans les paroles que dans la musique. C’est une longue nuit hallucinée, un voyage dans le nerf secret des âmes. La musique de Deftones est telle le chant d’un rêve : à jamais au présent.
Et pour poursuivre ce petit voyage, voici quelques morceaux qui ont influencé mon travail musical dernièrement.
Perrine

L’album de Séraphin

Come away with me de Norah Jones, sorti le 26 février 2002

« Pour traverser l’hiver en mode blue note »

Quand vient l’hiver, revient le jazz… dans mon imaginaire, en tout cas, les deux sont liés. Dans mes oreilles aussi. Quand je marche sur les routes de campagne en attendant la neige, je me laisse rattraper par quelques vieux standards. Il y a surtout un album que je réécoute, de manière quasi obsessionnelle : celui à la pochette bleue, comme son label, où une jeune femme brune a les yeux rivés sur le printemps à venir… Elle s’appelle Norah Jones et son timbre me sidère encore. Come away with me, un premier album enregistré à 21 ans, sorti en 2002. 25 millions d’exemplaires vendus et un succès immédiat pour cette chanteuse et pianiste brillante.  Au croisement du jazz, de la soul et de la musique folk, cet album est un diamant brut.
C’est donc lui que je vous recommande pour traverser l’hiver de la meilleure des manières. Et puisqu’il faut en partager un morceau, je choisis le premier — « Don’t know why » — en guise d’invitation au voyage.
Aux côtés de ce morceau placé, pour ma part, en conclusion de cette playlist, quatre autres morceaux précieux, tous saupoudrés de bleu.
À bon entendeur, donc !

C’est déjà terminé… pour cette fois ! Qui sait, si ça vous a plu d’avoir un aperçu de nos univers musicaux, pourquoi ne pas vous inviter une deuxième fois ?
En espérant que la musique puisse rendre votre hiver plus doux, notre escouade de harfangs vous dit bon vent, et bon voyage.

En attendant que les salles de spectacle réouvrent, pourquoi ne pas retourner lire un billet de Séraphin à ce sujet ? Il est toujours autant d’actualité.

À bientôt !

© lebisclavret

Albums recueillis
par Anatole

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1 Commentaire

  1. Avatar

    Qu’ouïe-je ? est-ce une musique de The Last of Us dans la playlist de Sapin ?? 💚

    Réponse

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