Ils ont été aperçus aux abords des cours d’eau, dans les forêts et sur les plages de sable fin. Ils ont quatre becs, six pattes, plus de deux ailes souvent. Leurs couleurs ne s’accordent pas, leurs chants si parfois. Ils sont comme vous et moi…

Ce sont les drôles d’oiseaux.

Vols planés

Engagement

Dans ce poème déclamatoire, Séraphin explore les versants du mot « Engagement », à une époque où se côtoient engagement des corps et désengagement des cœurs.

Songes habitables

Trois poèmes rédigés par Théo et dédiés à trois personnalités artistiques qui l’ont marqué par leurs œuvres.

Deuxième migration

Après nos rêves

Là-bas

Pour cette deuxième migration, Théo, Salomée et Juliette ont fait le choix d’une écriture sonore et musicale, doucement accompagnée par l’image.

Baignade

par | 16 Déc 2020

roitelet huppé

Ma pensée se déroule comme la rivière dans laquelle j’ai glissé mes pieds. Elle coule sans arrêt, se précipite ou bien se laisse porter, toujours vers une destination inconnue. Par moments, tout va plus vite, elle est entraînée par elle-même. D’autres fois, c’est la traversée silencieuse de grandes étendues calmes — le temps est laissé au temps. Et cachés, à intervalles réguliers, il y a ces recoins d’eaux stagnantes, où des algues pourrissent, nourries par le reflux lent et incessant de leurs propres miasmes.  

Le soleil est en train de se coucher. Les falaises autour de moi sont coupées en deux par la lumière : une partie sombre, une partie dorée. C’est un doré chaud, qu’on regarde de loin en se tenant la poitrine d’une main. Il n’y a rien de plus beau. On y pense avant que tout soit englobé d’obscurité.  

Les martinets dansent à la surface de l’eau. Ils viennent parfois l’embrasser en la frôlant d’une caresse, s’arrêtant de battre des ailes pendant quelques instants, comme suspendus, avant de remonter vers le ciel. Goutte par goutte.  

Battement d’ailes par battement d’ailes. Ils offrent la mesure au temps que les secondes ont déserté.  

Ils donnent un tempo aux choses — et pourquoi pas plus ? Peut-être que le monde est transformé à chacun de leurs battements d’ailes. Peut-être que la réalité change du tout au tout sans qu’on le sache. Pour qu’il ne reste ni un humain ni un martinet, mais seulement deux consciences et le battement, avec en souvenir un tout autre passé, un tout autre monde.  

Dans celui-ci, suis-je plus heureuse ? Je ne saurai jamais.  

Je m’élance et déploie mes bras comme des ailes pour planer à la  surface de l’eau.

 

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Première migration

Drôles d’oiseaux

Plumes recomposées

Quelques plumes nous ont échappé au cours de notre migration… Juliette les a ramassées pour recomposer un duvet d’un tout autre acabit. Petit poème bonus pour clore notre premier vol.

Différent

« Il a toujours été comme ça, mon drôle d’oiseau. La tête dans les nuages, toujours à papillonner. Manque d’attention, selon ses instituteurs. Mais je sais, moi, qu’il a juste mille scènes qui se jouent dans son esprit. »

Rouge

« On a couru le long de la rivière, et l’allée était peuplée de citrouilles. C’était un mois trop tôt. Les pierres glissaient sous nos pieds, elles dégringolaient dans l’eau glacée. On s’est perdus de vue dans le tumulte, mais on savait qu’on se retrouverait, au bord de l’étang. »

Le nid

« Le soir venu, l’oiseau fait son nid.
Il aura pris soin, au préalable, de choisir l’endroit. Il aura inspecté tous les arbres environnants, étudié l’inclinaison, éprouvé la solidité du tronc — il ne faudrait pas se retrouver par terre ! »

Fuite en avant

« C’était un lieu étrangement vide. Il n’y avait que deux vieilles barques de presque trois mètres de long, posées au milieu de la pièce et on devait les regarder avec intérêt pour montrer notre grandeur d’esprit. »

Il y a quelque chose

« Il y a quelque chose
De plus dans ton regard
Quelque chose d’ouvert
Quelque chose qui ouvre »

J’ai rêvé qu’il y avait un demain

« On a pris la voiture, quelques affaires, c’est tout. On n’a pas réfléchi. Enfin… On a bien galéré une heure, penchées sur le GPS. Pourquoi voulait-il nous faire passer par des routes aussi improbables ? »

Le club des drôles d’oiseaux

« Cher journal, j’ai beaucoup réfléchi. C’est vrai que je n’ai pas d’amis, mais au collège on est plusieurs à ne pas en avoir. Alors je me suis demandé pourquoi tous ceux qui n’ont pas d’amis ne  deviendraient pas amis. »

La valise

« Une bonne minute leur fut nécessaire pour convenir que cette araignée-là n’était pas d’une taille modeste. Quant aux mesures qui devaient être prises à son encontre, leurs avis divergeaient. »