Ils ont été aperçus aux abords des cours d’eau, dans les forêts et sur les plages de sable fin. Ils ont quatre becs, six pattes, plus de deux ailes souvent. Leurs couleurs ne s’accordent pas, leurs chants si parfois. Ils sont comme vous et moi…

Ce sont les drôles d’oiseaux.

Vols planés

Engagement

Dans ce poème déclamatoire, Séraphin explore les versants du mot « Engagement », à une époque où se côtoient engagement des corps et désengagement des cœurs.

Songes habitables

Trois poèmes rédigés par Théo et dédiés à trois personnalités artistiques qui l’ont marqué par leurs œuvres.

Deuxième migration

Après nos rêves

Là-bas

Pour cette deuxième migration, Théo, Salomée et Juliette ont fait le choix d’une écriture sonore et musicale, doucement accompagnée par l’image.

Plumes recomposées

par | 4 Jan 2021

Quelques plumes nous ont échappé au cours de notre migration.
Juliette les a ramassées pour recomposer
un duvet d’un tout autre acabit.
Petit poème bonus pour clore notre premier vol.

 

J’ai beaucoup réfléchi

Que symbolisait cette valise
sinon un désir de départ ?

Un long détour peut-être
dans les airs
dans le noir

*

Le soir venu
marcher dans le silence et le vide
des mots que je n’ai pas prononcés

 

*

 

Assez de nuits passées dans les vallées de la mort

Battement d’ailes par battement d’ailes
les secondes ont déserté

Son rire s’est mu en amertume
dans l’infiniment grand
l’intimement petit

À présent
la pluie seule se déverse en sanglots épuisés

 

*

 

Ce petit corps malingre
mon brouhaha intérieur
planent à la surface de l’eau

 Pas d’échappatoire

Le serpent sort du puits
et les corps
quant à eux
n’ont plus de visage

Ils sont là
quelque part
sous la peau du réel

 

*

 

C’est follement amusant ! dit-elle en s’extirpant du lit
mais si mon gland avait cette tête-là je m’inquiéterais

Tu l’as copieusement insultée
chelou coincée tarée

Il y a quelque chose
dans tout ce que tu dis
qui m’incite au virage

Le mois suivant
ils s’étaient envolés
sans projet précis

 

*

 

Ma pensée se déroule comme la rivière
qui lave tout ce que tes yeux peuvent toucher

Une seule et unique certitude
on vivra le reste de nos vies en un jour

Je vais courir je vais marcher je vais sourire je vais me relever
je dis pas que je suis beau
mais j’ai une tête avec des yeux

J’ai fait la paix avec ça depuis longtemps

Maintenant je sais
rien n’est plus horripilant qu’un plafond

Et les drôles d’échassiers sortiront de leur ombre
battant chaque mesure
ou bien boitant de l’aile

Avant que tout soit englobé d’obscurité
partir
plus loin encore

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Première migration

Drôles d’oiseaux

Différent

« Il a toujours été comme ça, mon drôle d’oiseau. La tête dans les nuages, toujours à papillonner. Manque d’attention, selon ses instituteurs. Mais je sais, moi, qu’il a juste mille scènes qui se jouent dans son esprit. »

Baignade

« Ma pensée se déroule comme la rivière dans laquelle j’ai glissé mes pieds. Elle coule sans arrêt, se précipite ou bien se laisse porter, toujours vers une destination inconnue. »

Rouge

« On a couru le long de la rivière, et l’allée était peuplée de citrouilles. C’était un mois trop tôt. Les pierres glissaient sous nos pieds, elles dégringolaient dans l’eau glacée. On s’est perdus de vue dans le tumulte, mais on savait qu’on se retrouverait, au bord de l’étang. »

Le nid

« Le soir venu, l’oiseau fait son nid.
Il aura pris soin, au préalable, de choisir l’endroit. Il aura inspecté tous les arbres environnants, étudié l’inclinaison, éprouvé la solidité du tronc — il ne faudrait pas se retrouver par terre ! »

Fuite en avant

« C’était un lieu étrangement vide. Il n’y avait que deux vieilles barques de presque trois mètres de long, posées au milieu de la pièce et on devait les regarder avec intérêt pour montrer notre grandeur d’esprit. »

Il y a quelque chose

« Il y a quelque chose
De plus dans ton regard
Quelque chose d’ouvert
Quelque chose qui ouvre »

J’ai rêvé qu’il y avait un demain

« On a pris la voiture, quelques affaires, c’est tout. On n’a pas réfléchi. Enfin… On a bien galéré une heure, penchées sur le GPS. Pourquoi voulait-il nous faire passer par des routes aussi improbables ? »

Le club des drôles d’oiseaux

« Cher journal, j’ai beaucoup réfléchi. C’est vrai que je n’ai pas d’amis, mais au collège on est plusieurs à ne pas en avoir. Alors je me suis demandé pourquoi tous ceux qui n’ont pas d’amis ne  deviendraient pas amis. »

La valise

« Une bonne minute leur fut nécessaire pour convenir que cette araignée-là n’était pas d’une taille modeste. Quant aux mesures qui devaient être prises à son encontre, leurs avis divergeaient. »