Nous tissons la toile de notre envolée comme se suivent les maillons d’une chaîne. Un oiseau confia à l’un de ses pairs la tâche de chercher les portes de demain, et celui-ci demanda au reste de l’assemblée de poursuivre à sa manière, oiseau après oiseau, la fresque imaginaire qu’il avait ainsi entamée,
de fil en aiguille.

Créations 2021

Classé sans suite

« Ça peut s’effacer comme ça, ces moments ? De la poudre d’étoiles au ciel et son bras nu… De la poudre aux yeux ? »


Ça recommence.

« Le piège à ours s’est refermé sur toi d’un coup, clac. Tu ne savais même pas que tu étais perdue dans la forêt ; tu ne savais même pas que tu devais faire attention. »

Guerres

Trois poèmes pour confronter notre humanité et les actes de guerre qui se perpétuent malgré tout.

Grenouille

« Tu es là, ma petite grenouille, avec tes cuisses et ton gros ventre, des petits yeux que tu peines à ouvrir. »

Franchement

Perrine signe son premier vol plané, sans aucun doute outragé, mais qu’y voulez-vous, c’est un drôle de monde !

Nuits blanches

Anatole signe son premier poème ici, en hommage à un regretté auteur qui, à ses yeux, a changé le visage de la nuit.

Vous écrivez ?

« Rhétorique, la question constitue pour Jean une réplique usitée des scènes de la vie sociale, car l’affaire, à son grand désarroi, a fait le tour de son cercle d’amis : il écrit un roman. »

Grain

Pour sa première carte blanche,
Juliette a choisi d’explorer les contrées de la poésie orale
et de jouer avec les rythmes, les sonorités, les sens.
Un voyage audio et musical dans l’infiniment petit…

Lulu et les ourses

Noémie, Platy et Wanda vous invitent à découvrir l’étrange hibernation de Mia et Klumsy, deux ourses surveillées (en secret) par Lulu via de multiples caméras. Et comme si ce n’était pas assez bizarre, un mystérieux intrus va venir perturber ce long sommeil…

Les choses de peu d’importance

À l’occasion de son Vol Plané, Wanda déploie une liste des “choses de peu d’importance”. Ces choses futiles au premier regard, qui remplissent pourtant nos vies et nous manquent lorsque nous restons confiné·e·s dans nos intérieurs.

Jack

Les créatures de l’hiver vous accueillent chaleureusement entre rêve et réalité, dans le désordre des saisons, pour vous inciter à participer à leur vol plané.

Derrière tes mots

Passant des néons à la flamme d’un briquet, comme du néant à l’inspiration, Noémie révèle ici, de manière étrange et miraculeuse, ce qui sommeille en nous, chaque jour et chaque nuit… et attention, ça vit !

Comme au dernier jour

par | 2 Jan 2022

Par les courants de Drake et les tempêtes du Cap, ce soir est le dernier, et qu’il soit celui des festivités ! Demain l’horizon se pliera et la fin des temps viendra.

Ma quille surplombe l’écume des rives à plus d’un mille, le vent est bon, la roue du gouvernail tourne à contrejour devant le soleil mourant. Le long des fleuves, on allume les lanternes, les lampions et les torches, et partout on célèbre notre dernière nuit. Les feux d’artifice explosent de part et d’autre de mon galion, et moi, le visage illuminé de vert, de feu, d’étincelles, je fais tomber des pluies de salamandres et d’hippocampes pour haranguer les viveurs.

Vous me regardez du sol comme le plancton des tréfonds avec ébahissement, et votre joie vous conduit aux larmes. Vos deltaplanes se prennent pour des dauphins, ils surfent à mes côtés pour me demander où je vais, sur mon lécheur de ciels, et moi, je leur ris au nez.

Je prends la mer, pardi ! Celle où les constellations sont des phares et les lunes des récifs. Par mer creuse comme par calme plat, gardez-moi ce cap, et faites-moi confiance, j’en ai vu, des astres sans vie ; on doit bien savoir une chose ou deux, quand on est marin. Bon, vous montez, oui ou non ?

Tout à fait, il nous manque des musiciens, quelques mutins qui se sont écrasés sur le plancher des vaches en emportant mon œil et leurs fifres avec eux, foutus flibustiers !

Mais regardez donc en bas, cet ultime soir, qu’on affectionne enfin comme il se doit ! Ils ont amené leurs nappes de pique-nique et leurs bières pour apprécier les comètes filantes, les ondines nihilistes fument leurs clopes, et les tritons séduits sortent de leur tanière pour se pâmer devant ces dégaines dédaigneuses, et on scande avec enthousiasme no future, no future !

Et parce que le poids du lendemain s’en est allé, les bateaux ont commencé à voler. Qu’est-ce que vous croyez que je fous là, à boire la mousse des nuages et à faire la course avec les goélands ?

Souquez ferme, le vent n’épargnera personne ! Rangez-moi cet accordéon, je peux plus entendre ces conneries, ma cicatrice à l’œil me démange à chaque fois qu’on en souffle une note. Comment ? Pourquoi je viens de lui coller une balle dans le ciboulot, à ce matelot ? C’est vraiment tout ce que vous vous demandez ? Ce gars, je l’ai déjà tué avant-hier !

Mes amis, c’est quand l’étrange prend les rênes que la fin s’envisage.

Ne vous posez pas de questions inutiles, les réponses sont à des années-lumière. Regardez-les, nos noceurs ici-bas, qui se contentent d’accepter d’en finir sans savoir de quelle manière ni pourquoi ça doit arriver. Ils ignorent encore que tout ce qui tombe du firmament est damné !

Ne fermez pas les yeux ! Avant de mourir, regardez le ciel, et priez pour qu’il ne soit pas aussi anodin que le morne azur.

Profitez d’avoir encore vos deux orbites, mes aïeux, quelle vue pour terminer nos vies ! Et dire que je l’entends encore celle-là, avec son rire de harpie et son accordéon, ah, son putain d’accordéon…

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Dors mon ange, dors
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Vice de forme

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Souffrez que nous fassions de même, et que nous vous laissions à votre crasseux silence ; puisse-t-il servir de salutaire méditation en vue d’une subséquente discussion. »

Vols planés

Classé sans suite

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Grenouille

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