Nous tissons la toile de notre envolée comme se suivent les maillons d’une chaîne. Un oiseau confia à l’un de ses pairs la tâche de chercher les portes de demain, et celui-ci demanda au reste de l’assemblée de poursuivre à sa manière, oiseau après oiseau, la fresque imaginaire qu’il avait ainsi entamée,
de fil en aiguille.

Créations 2021

Pour que l’aube advienne

« Nous pensions encore la veille être en zone libre. Mais c’était un matin de novembre 1942, et les allemands venaient d’entrer à Saint-Cirq-Lapopie. »

Tout Se Mélange

Pour le dernier Vol plané avant la pause estivale, Séraphin propose un morceau à écouter, les yeux clos, un soir d’orage ou un après-midi caniculaire. « Que faisais-tu hier, quand la terre est tombée ? »

Classé sans suite

« Ça peut s’effacer comme ça, ces moments ? De la poudre d’étoiles au ciel et son bras nu… De la poudre aux yeux ? »


Ça recommence.

« Le piège à ours s’est refermé sur toi d’un coup, clac. Tu ne savais même pas que tu étais perdue dans la forêt ; tu ne savais même pas que tu devais faire attention. »

Guerres

Trois poèmes pour confronter notre humanité et les actes de guerre qui se perpétuent malgré tout.

Grenouille

« Tu es là, ma petite grenouille, avec tes cuisses et ton gros ventre, des petits yeux que tu peines à ouvrir. »

Franchement

Perrine signe son premier vol plané, sans aucun doute outragé, mais qu’y voulez-vous, c’est un drôle de monde !

Nuits blanches

Anatole signe son premier poème ici, en hommage à un regretté auteur qui, à ses yeux, a changé le visage de la nuit.

Vous écrivez ?

« Rhétorique, la question constitue pour Jean une réplique usitée des scènes de la vie sociale, car l’affaire, à son grand désarroi, a fait le tour de son cercle d’amis : il écrit un roman. »

Grain

Pour sa première carte blanche,
Juliette a choisi d’explorer les contrées de la poésie orale
et de jouer avec les rythmes, les sonorités, les sens.
Un voyage audio et musical dans l’infiniment petit…

Lulu et les ourses

Noémie, Platy et Wanda vous invitent à découvrir l’étrange hibernation de Mia et Klumsy, deux ourses surveillées (en secret) par Lulu via de multiples caméras. Et comme si ce n’était pas assez bizarre, un mystérieux intrus va venir perturber ce long sommeil…

Les choses de peu d’importance

À l’occasion de son Vol Plané, Wanda déploie une liste des “choses de peu d’importance”. Ces choses futiles au premier regard, qui remplissent pourtant nos vies et nous manquent lorsque nous restons confiné·e·s dans nos intérieurs.

Jack

Les créatures de l’hiver vous accueillent chaleureusement entre rêve et réalité, dans le désordre des saisons, pour vous inciter à participer à leur vol plané.

Ma chère Pelote

par | 23 Jan 2022

roitelet huppé

Ma chère Pelote,

Je
Te…xte.
Je tex…te… t..ex…tetextetexte.
Texte.
Texte. texte texte texte.
Je ne
TEXTE. 

Je sais bien, je ne peux pas continuer comme ça.

Ce texte m’épuise à l’avance, il faut que je lui trouve une forme, mais elle m’échappe.

Si seulement les mots pouvaient dire ce que je voudrais te faire comprendre.

Des mots, il me faut les mots pour te dire à quel point je.
À quel point je ne t’aime.
À quel point.
Texte.
À quel point, il faut s’arrêter.
Y mettre un point.

Tu es partie, d’accord. Et je suis resté.
Tu ne veux plus rien me dire
ou seulement que tu ne ressens plus rien
qu’une mer d’huile

Tu es partie, d’accord.
J’ai beau me répéter :
Tu es partie, d’accord. D’accord. D’accord.
Tu restes là, encordée à mes pensées.
Encore.
Dans mon corps,
Partout où tu es passée.
C’est à dire partout.
Mes cellules ont ton parfum, et si je bouge, je le sens
à l’intérieur
Mes gestes ont tes manies,
Mes mains singent tes caresses,
Mes cris portent tes mots,
Mes lèvres mordent tes absences. Mes griffes s’accrochent à rien. Mes poings tombent dans le vide.

Tu es partie, d’accord.
Tu ne m’aimes plus, d’accord.
Très bien.
Alors moi. Non. Plus.

Ma Pelote,
Tu as cousu des points trop serrés
entre nous.
Tu as conçu un cocon trop doux
un cocon chaud comme rien de pareil
un cocon sans issue
pour moi 

Toi, tu l’as déchiré,
n’as laissé qu’une toile
une toile d’éloignée.
Et moi, prisonnier,
emmêlé dans tes fils,
je contemple les points que tu as laissés
dans ma chair.

 

Je dois.
M’en.
Libérer.
Je dois. 

Je crois.

 

Je ne                          texte                           plus.

 

Non.

 

Ma pelote, 

Je t’aime encore, mais ne reviens pas.

Je ne déferai plus la tapisserie, la nuit.
Maintenant, je retisse des liens avec moi-même.
Et je cicatrise. 

Bientôt,
pas encore, mais bientôt,
oui bientôt,
j’enlèverai tes points.

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1 Commentaire

  1. Perrine

    J’aime beaucoup ta métaphore filée (c’est le cas de le dire…), ainsi que le rythme de ton texte ! Je ne me lasse pas de le relire.

    Réponse

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De fil en aiguille

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« Dors mon ange, dors
Je serai là quoi qu’il arrive
Dors mon ange, dors
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Étoile

« Je l’aimais à m’en rendre dingue, pas d’un amour sain, j’en avais bien conscience, mais d’un feu qui incendiait ma poitrine, consumait jusqu’à ma propre identité, brûlait au premier degré tout ce qui m’entourait et qui n’était pas elle. »

La tirade

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Vice de forme

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Souffrez que nous fassions de même, et que nous vous laissions à votre crasseux silence ; puisse-t-il servir de salutaire méditation en vue d’une subséquente discussion. »

Comme au dernier jour

« Je prends la mer, pardi ! Celle où les constellations sont des phares et les lunes des récifs. Par mer creuse comme par calme plat, gardez-moi ce cap, et faites-moi confiance, j’en ai vu, des astres sans vie ; on doit bien savoir une chose ou deux, quand on est marin. »

Vols planés

Pour que l’aube advienne

« Nous pensions encore la veille être en zone libre. Mais c’était un matin de novembre 1942, et les allemands venaient d’entrer à Saint-Cirq-Lapopie. »

Tout Se Mélange

Pour le dernier Vol plané avant la pause estivale, Séraphin propose un morceau à écouter, les yeux clos, un soir d’orage ou un après-midi caniculaire. « Que faisais-tu hier, quand la terre est tombée ? »

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« Ça peut s’effacer comme ça, ces moments ? De la poudre d’étoiles au ciel et son bras nu… De la poudre aux yeux ? »


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« Le piège à ours s’est refermé sur toi d’un coup, clac. Tu ne savais même pas que tu étais perdue dans la forêt ; tu ne savais même pas que tu devais faire attention. »

Guerres

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Grenouille

« Tu es là, ma petite grenouille, avec tes cuisses et ton gros ventre, des petits yeux que tu peines à ouvrir. »

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Perrine signe son premier vol plané, sans aucun doute outragé, mais qu’y voulez-vous, c’est un drôle de monde !

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Anatole signe son premier poème ici, en hommage à un regretté auteur qui, à ses yeux, a changé le visage de la nuit.

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« Rhétorique, la question constitue pour Jean une réplique usitée des scènes de la vie sociale, car l’affaire, à son grand désarroi, a fait le tour de son cercle d’amis : il écrit un roman. »

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Juliette a choisi d’explorer les contrées de la poésie orale
et de jouer avec les rythmes, les sonorités, les sens.
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