Quand nous nous sommes réveillé·e·s, le monde avait changé. Un voile avait recouvert les visages familiers ; les inconnus se demandaient sous quel aspect se montrer. Dans le reflet des miroirs, des souvenirs de brume nous exhortaient à trouver ce que nous allions tous devenir, une fois au bout de la nuit…
après nos rêves.

Vols planés

Derrière tes mots

Passant des néons à la flamme d’un briquet, comme du néant à l’inspiration, Noémie révèle ici, de manière étrange et miraculeuse, ce qui sommeille en nous, chaque jour et chaque nuit… et attention, ça vit !

Engagement

Dans ce poème déclamatoire, Séraphin explore les versants du mot « Engagement », à une époque où se côtoient engagement des corps et désengagement des cœurs.

Songes habitables

Trois poèmes rédigés par Théo et dédiés à trois personnalités artistiques qui l’ont marqué par leurs œuvres.

La machine à neige

par | 20 Mar 2021

Temps de lecture : 12 minutes

Ce conte vous invite à la frontière liminale entre deux espaces.
Puissiez-vous y trouver ce que vous cherchez.

Illustration réalisée par Jules Colinet (@jules_colinet sur Instagram)
dans le cadre de cette migration.

Elle appuie sur chaque coin des photos pour qu’elles tiennent bien au mur. Elle aura bientôt terminé. En attrapant la photo suivante, elle interrompt son geste machinal. L’image reste en suspension entre ses doigts. Elle s’attarde sur leurs sourires qui laissent voir leurs appareils dentaires, sur leurs yeux qui pétillent, sur le bras que son amie a passé autour de ses épaules. La lumière chaleureuse d’une fin d’après-midi d’été éclaire leurs visages.

Elle aimerait avoir une photo similaire avec de la neige et une lumière plus éclatante, plus vive, qui ferait presque mal aux yeux. Elles n’auraient plus d’appareils dentaires et leurs bras ne seraient pas nus. Mais cette photo-là n’existe pas. Et il n’y a plus lieu de croire qu’elle existera. Elle se contente d’un soupir.


Tard dans la nuit, j’ai cessé de courir.
Je me suis assurée que le blizzard effacerait mes traces, pour que personne ne suive mes pas, que personne ne trouve le passage. Je me destine aux rives gelées et aux veines de la montagne, une harde de sapins agités pour toute compagnie et les constellations comme seules guides.
Mais l’écho de la toile géante ne parle qu’en avertissements, des mises en garde dans une langue que je ne comprends pas. Et à mesure que la pente poignarde mes aines, la voix gronde crescendo, comme une ombre qui s’étend à la tombée du jour. Sur l’écorce de mon voisin, on a peint un rectangle blanc noyé dans un cercle rouge. Le cosmos a agité sa lumière pour m’interpeller, me rejeter, m’éparpiller ; il n’en a été que plus proche de moi.
Blottie contre le vent hurlant, la montagne m’a regardée me débattre. Rien d’autre ne s’agite à des univers à la ronde, rien d’autre à observer, seulement une silhouette encapuchonnée luttant contre les tourbillons.
Alors, qui vient de me bousculer ?

Quand es-tu partie ?
Quelle est ta destination ?

L’estomac dans les talons, la respiration saccadée, je ne m’entends que marcher. Mon cœur bat à fond, mais il n’est pas en rythme, pas en rythme avec le râle de la vallée ; mon cœur bat fort, mais il n’est pas là, il est loin, perdu, oublié chez moi. Mes orteils crèvent dans le froid, et je contemple la rouille qui monte, qui grimpe sur mes épaules.
Je suis encore loin. Ma main tâtonne dans mes poches, à la recherche de mon nom. Elle s’empare d’un médaillon que je porte sous mes yeux ; un portrait à l’intérieur, pas celui auquel je m’attendais. Deux enfants sous un rempart de fils électriques, une harmonie dans le son de leurs voix. Ça fait longtemps que j’ai oublié à quoi ressemblait la mienne. Le souvenir de la sienne, lui, a quelques vies de retard.
Mais même s’il n’y a plus personne à qui parler dans mon cimetière, je ne suis pas encore morte. Ma parka et mon écharpe me tiennent assez chaud, ce ne sont pas des voix qui me feront me retourner.
Le médaillon danse dans la paume de ma main ; il ne sait pas à quel endroit il appartient. C’est tellement plus chic que ces murs constellés de polaroids et d’artifices qui réconfortent la mémoire. Je le serre dans mon poing, mais la réminiscence, déjà, m’encombre, et je m’enfonce dans les congères, à chaque pas un peu plus.
Je ne supporte plus la compassion, les longs regards, les promesses dispersées dans ce joli monde qu’on met des années à ne pas construire. Je ne t’oublierai pas, je te reverrai, tu me manques, puis le temps passe, et ce qui avait tant d’importance l’autre jour ne signifie plus rien.
Nous ne faisons que passer.
Tard dans la nuit, j’ai abandonné ta photo et tout ce qui était de trop aux mains de la montagne.


Elle a sauté sur l’occasion. Ses grands-parents partaient en vacances pour une semaine ; elle les a tout de suite appelés pour leur proposer d’arroser les plantes, expliquant qu’elle avait besoin de séjourner dans un lieu calme pour étudier. C’était à moitié vrai. Elle avait besoin d’être seule, oui, mais plutôt pour ne pas étudier. Pour ne plus rien faire.

Elle a réussi à obtenir, en arrivant, cette impression de ne plus être concernée par le monde qui continuait de tourner au-dehors, mais ça n’a pas duré. De jour, elle a pu chasser une à une ses pensées, mais maintenant qu’elle essaie de dormir, elles sont trop nombreuses, dès qu’elle en rejette une, une autre revient à la charge. Elle s’assoit dans son lit. Elle a envie d’exploser. Ne sait pas trop comment s’y prendre.

Dans la pénombre, elle voit une silhouette bouger. Elle parcourt mentalement toutes les hypothèses. Aucune n’est crédible. Si, bien sûr : celle qui affirme qu’elle a rêvé. Mais elle la voit à nouveau. Ça ne peut pas être un animal, ça ne peut pas être une personne, ça ne peut pas, n’est-ce pas ? Ça bouge encore. Elle a trop peur de ce qui pourrait arriver pour se lever et allumer la lumière. Ça semble se rapprocher d’elle, ça n’a pas forme humaine, ça bouge vite d’un coup, NON ! Elle balance son téléphone à la tête de la chose, si tant est qu’elle ait une tête. Un bruit et puis plus rien.

Elle écoute longtemps sa respiration haletante. Elle fait de son mieux pour se persuader qu’elle a rêvé mais finalement ça ne la réconforte pas. Penser qu’elle est folle, ridicule au point de lancer son portable dans le vide parce qu’elle a peur du noir ne la rassure pas tellement. Un instant plus tôt, elle espérait tant être seule dans la pièce, mais à présent cette solitude l’étouffe de nouveau, car elle laisse trop de place à ses pensées qui tournent sur elles-mêmes sans jamais changer de trajectoire. Ça ne devait pas se passer comme ça.

Elle aurait dû partir pour le froid, pour la neige, pour les grandes étendues de solitude, là où tout aurait été simple, où il n’y aurait rien eu d’autre à faire que vivre. Elle aurait dû ressentir l’ivresse de la liberté, l’émerveillement à chaque instant, elle aurait dû être avec elle. Ça aurait suffi. Elle ouvre la fenêtre pour sentir le froid de l’hiver sans neige. Elle va laisser ses lèvres gercer. Ce sera toujours ça qui devait bel et bien arriver.

Le lendemain, elle se réveille face à l’écran explosé de la télé. Elle tâtonne par terre à la recherche de son portable.

La lune embrasse une tour de radiodiffusion qui se démarque des sapins. À son pied, un chalet, un poteau électrique et des récepteurs sur le toit. Des intrus dans une forêt aveugle à leur présence.
Le crépitement du feu m’invite à l’intérieur. Dans la pénombre qui rampe sur les planches, je trouve une table, un lit fait, et même une cuisine d’époque. Ce n’est qu’au moment où je jette ma parka sur une chaise que le premier gémissement me vient aux oreilles.
Ce ne sont pas des pleurs, ni des plaintes, mais un râle désaccordé, une voix aussi humaine que contrebasse, qui gronde à quelques mètres seulement de moi.
J’observe le bureau tremblant à côté du lit. Une horloge paresseuse se prélasse au bord, tandis qu’une lampe à lave rayonne sur le carreau, et derrière le carreau, un néon lumineux grésille pour éclairer les racines de la tour, enfouies sous la neige.
Le silence m’accompagne à travers le salon. À mesure que les bulles de magma tournicotent dans leur cage, elles dévoilent un autre meuble adossé aux poutres. Dessus, des surfaces noires trépignent, et quand le deuxième gémissement se fait entendre, le blizzard me poursuit jusque dans l’écran de la télé cathodique.
Aussi vite qu’elle s’est allumée, le feu dans l’âtre a faibli. Je ne trouve aucun bouton ni aucune télécommande pour l’éteindre. Et j’ai passé tant de temps dans ce chalet sans avancer que le sommeil enfin me rattrape, frappe à la porte, se jette sur moi et me pousse sur le lit.

La nuit succède à la nuit.

La résine colle le chalet aux arbres entre lesquels on a tissé des toiles d’araignée. Le troisième râle me réveille en sursaut — proche, bien plus que les autres fois. Sous mon lit. La couverture s’étire sous le matelas, elle m’enserre et m’étouffe. Ma main se débat, elle jette l’oreiller par terre. Ça me suffit pour passer mes jambes par-dessus la couette, et aussitôt, je trébuche à terre. Quand je me redresse, j’aperçois les bulles de magma, qui flottent partout dans le chalet. Et le feu est aussi clair qu’il est devenu glacial. J’entends des cris à l’extérieur, et, bottes aux pieds, je m’y précipite, car ils sont moins effrayants que la chose tapie sous le matelas.
Un chœur d’enfants perchés sur les faîtes des arbres retentit autour de la baraque. Le soupir désaccordé me suit à travers la porte, les rires se multiplient du haut des cimes.
Tu ne peux pas arrêter la machine à neige, tu ne peux pas empêcher le feu de manger, tu ne peux pas fuir ceux qui n’ont jamais bougé, scande la chorale.
Le vent qui me fouettait plus tôt se rue sur moi et me renvoie à l’intérieur de la pièce. Je n’arrive pas à refermer la porte, et le froid me transperce les os. Un cinquième râle se moque encore de moi, sous le lit. Quand je me penche pour oser regarder en-dessous, je n’y trouve que ma parka.

Et soudain, le réveil a sonné.
Le jour a point.
Mes yeux lourds se sont ouverts.

Sur la table, l’horloge numérique s’agitait de toutes ses forces, et l’air qu’elle hurlait était le même que celui que le chœur chantait à tue-tête.
Alors, en me levant, j’ai transpercé la télé avec un pied de chaise, fait s’écrouler l’âtre pour qu’il étouffe le feu, et couru entre les barres de la tour pour échapper à la forêt.
Quand je me suis retournée, l’immense antenne toute guindée s’est penchée sur le chalet pour l’avaler, a roté son festin, puis s’est lancée à ma poursuite sur ses petits pieds de fer.


Rien ne fonctionne. Elle a l’impression de passer à côté de la vie pour une raison absurde. Pourquoi se priver de toute la beauté du monde ?

Elle voudrait le vaste monde pour elle, sans personne pour interrompre sa contemplation. Elle pourrait alors se dire qu’elle vit vraiment. Qu’elle ressent le monde dans lequel elle est née, qu’elle en éprouve la majesté, qu’elle n’a pas éternellement remis au lendemain la possibilité de vivre.

Elle ne peut plus supporter d’attendre ici, dans cet endroit vide et morne. Auparavant, la perspective de partir un jour la réconfortait. À présent elle se sent coincée ici, dans ce lieu où elle n’est pas chez elle, où elle ne le sera jamais. Elle est faite pour les vastes étendues désertes mais si vivantes comparées à ce lieu où la vie paraît engourdie. Elle n’aurait jamais dû rester là. Elle fouille dans sa penderie, retrouve la parka qu’elle avait achetée en prévision du voyage qu’elle croyait sincèrement qu’elles feraient ensemble. Elle l’enfile. Elle emporte juste de quoi avoir le droit de prendre un train et elle sort.

La nuit est fraîche et humide, les façades des immeubles dégoulinent. Il n’y a presque personne, seulement deux passants hagards qui la hèlent et qu’elle ignore. Elle marche rapidement, pressée de sauter dans un train, de faire enfin ce qu’elle aurait dû faire depuis longtemps.

Je n’appartenais pas à l’endroit où j’étais. Je n’étais pas réellement là.
J’ai été échangée à la naissance. Je venais d’ailleurs, mais on m’a déposée dans un landau de béton, parmi des millions et des millions d’individus, sous une montagne de lignes à haute tension et de murs salis par l’hygiène de mes prédécesseurs. J’ai dû grandir entre les quais des gares, à guetter l’ombre du soir sur les roseaux, sans jamais sortir. Dans ce pays duquel je reviens, nous n’avons pas le droit d’être seuls, et nous n’avons pas le droit de parler.
Mais il n’y a pas que là-bas, maintenant je le sais, que se cachent des choses qui n’ont rien à y faire.

C’est une vallée où l’écume se jette sur les rochers, et où les épines déchirent les falaises. Une vallée qui vénère la sève, un havre niché à l’ombre de la profane qui l’insulte.
Elle n’a rien à faire là.
Une tour, enceinte de verre jusqu’aux mâchicoulis. Un phare sans mer qui frôle le ciel, l’un de ceux à qui l’on a pourtant interdit d’être solitaire.
Derrière moi, l’antenne radio reprend son souffle dans le ravin où elle a basculé, faute d’équilibre.
Tu n’as rien à faire là.
À ton pied, tu me montres mon vélo abandonné, des billets d’avion qui prennent l’humidité, quelques contrats de travail, un éventail de visages sur des photos instantanées, et l’ensemble de ce qui me ralentissait au début du voyage.
Vous n’avez rien à faire là, dans ce pays qui ne vous connaît pas.
Je suis enfin chez moi. Je n’accueillerai que l’eau qui scintille, la musique qui accompagne le passage du jour à la nuit, tout ce qui habite les reliefs et qui donne sa couleur au ciel. Je suis chez moi, et je ne veux pas y voir le reste.

Je me suis surprise à vous détruire en détournant le regard.
Comme dans un film catastrophe, mais ça n’a rien d’un drame, au contraire. Les gravats se heurtent dans les airs et se fracassent dans la rivière. L’antenne radio et le gratte-ciel disparaissent et libèrent le paysage.
C’est un rêve magnifique, le plus long que j’aie jamais fait. Je regrette seulement de n’avoir pas regardé sous le lit dès le début.
Quand je me suis retournée, la tour était à nouveau debout, droite et fière. Et la neige a recommencé à tomber, à brûler ma chair. Une lointaine clameur a annoncé une foule, mais je n’ai vu personne. À présent, les arbres se jettent dans les bras d’autres arbres sans jamais les atteindre.
Un rêve magnifique.
Mais maintenant, mon guide fait la moue et me murmure dans une langue que je devine qu’il m’avait pourtant prévenue. Je sais, je le sais, maintenant. C’est moi qui n’ai rien à faire ici.


Ce n’est pas parfait. Même le froid, la beauté du monde. Ce n’est pas aussi simple qu’elle se l’était imaginé. Mais c’est réel. Elle est là, dans le monde. En train de vivre. Elle peut se le dire sans mentir. Et elle se dit aussi que ça vaut peut-être le coup. Passée la déception, elle l’a envisagé. Envisagé que cette imperfection vaille le coup, parce qu’elle peut se dire qu’elle vit. Qu’elle les connaît, la majesté du monde, l’intensité de la vie, même si elle ne connaît pas que ça. Pour la première fois, elle envisage de faire avec.

Une file de poteaux électriques balafre la pente d’une ligne nette, sans arbres, jusqu’au sommet de la crête.
C’est là-haut, sous un ciel chapé de sang, que je trouve ce que je cherchais. Une boîte aux lettres vert bouteille sur un piquet de bois, dans une clairière entourée de barbelés. La neige a pris la couleur du sable au terme du jour. Quand j’insère ma clef dans la serrure, je m’attends à trouver des cartes postales à l’intérieur, mais il n’y dort qu’une lettre mal cachetée.

Tout en bas de mon courrier — et c’est la première chose que je remarque en le dépliant — je distingue sur une portée un accord de Do# mineur, tracé au dessus d’une harmonie en La.
Les bourgeons se perchent sur les branches, et l’herbe d’un parc émerge sous mes pieds glacés. Les arbres démasqués se changent en maisons, en immeubles, en monuments. Et sur mon bras tatoué de bleus et de griffes, je retrouve la terre que j’ai rêvée.
Bien que je regrette qu’il soit temps de rentrer, je gagne sans m’attarder la sortie du square où j’ai tué l’hiver. Les oiseaux et les voitures chantent l’air des enfants moqueurs sur mon passage, et les fleurs sous mes pieds dansent encore le fantasme d’autres pays déserts.

Le sentier qui serpente jusqu’à ma chambre, lui, est encore couvert de neige.


Chère moi,

Je sais – je le sais si bien – que tu veux vraiment, vraiment être là où tu es. Que c’est exactement ce dont nous avons toujours rêvé. Mais si tu restes, il faut que tu saches que rien de tout ce que nous avons rêvé n’aura jamais existé. Nous aurons vécu notre rêve, mais il n’en aura rien été. Je pense – et tu sais combien cela me coûte – qu’il y a quelque chose à vivre ici. Quelque chose à faire pour de vrai. Un moyen de n’avoir pas seulement rêvé que nous avons vécu. Il faut que tu reviennes. Nous irons quelques fois dans ce pays de neige, quand ce sera difficile, pour nous échapper un peu. Mais nous ne pouvons pas habiter là-bas. Nous ne pouvons pas ne pas vivre. Ne connaître que l’hiver. Il va falloir passer par toutes les saisons. Je n’en ai pas plus envie que toi, mais j’ai compris qu’il le fallait, et je crois qu’un jour nous ne le regretterons pas.


Quand nous rentrerons chez nous,
Nous surpasserons la réalité qui nous malmenait
Et nous nous réveillerons d’une nuit
Où nous avions enseveli trop de secrets
Et nous attendrons de nos pairs
Qu’ils ne soient qu’un reflet de nos questions
Et que nous soyons la réponse
Qui s’était assoupie en attendant le printemps
Déjà nus, nous nous dévêtirons encore
Pour ne jamais finir de nous connaître
Et nous choisirons des mots
Pour mieux échouer à nous exprimer
Et nous ouvrirons les yeux, les oreilles,
Pour que nos rêves commencent après s’être achevés

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1 Commentaire

  1. Avatar

    En gros y’a une meuf qui regrette que sa pote face un voyage trop cool pendant qu’elle fout rien, et l’autre fille est juste en bad trip en fait.

    Réponse

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Songes habitables

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Première migration

Drôles d’oiseaux

Plumes recomposées

Quelques plumes nous ont échappé au cours de notre migration… Juliette les a ramassées pour recomposer un duvet d’un tout autre acabit. Petit poème bonus pour clore notre premier vol.

Différent

« Il a toujours été comme ça, mon drôle d’oiseau. La tête dans les nuages, toujours à papillonner. Manque d’attention, selon ses instituteurs. Mais je sais, moi, qu’il a juste mille scènes qui se jouent dans son esprit. »

Baignade

« Ma pensée se déroule comme la rivière dans laquelle j’ai glissé mes pieds. Elle coule sans arrêt, se précipite ou bien se laisse porter, toujours vers une destination inconnue. »

Rouge

« On a couru le long de la rivière, et l’allée était peuplée de citrouilles. C’était un mois trop tôt. Les pierres glissaient sous nos pieds, elles dégringolaient dans l’eau glacée. On s’est perdus de vue dans le tumulte, mais on savait qu’on se retrouverait, au bord de l’étang. »

Le nid

« Le soir venu, l’oiseau fait son nid.
Il aura pris soin, au préalable, de choisir l’endroit. Il aura inspecté tous les arbres environnants, étudié l’inclinaison, éprouvé la solidité du tronc — il ne faudrait pas se retrouver par terre ! »

Fuite en avant

« C’était un lieu étrangement vide. Il n’y avait que deux vieilles barques de presque trois mètres de long, posées au milieu de la pièce et on devait les regarder avec intérêt pour montrer notre grandeur d’esprit. »

Il y a quelque chose

« Il y a quelque chose
De plus dans ton regard
Quelque chose d’ouvert
Quelque chose qui ouvre »

J’ai rêvé qu’il y avait un demain

« On a pris la voiture, quelques affaires, c’est tout. On n’a pas réfléchi. Enfin… On a bien galéré une heure, penchées sur le GPS. Pourquoi voulait-il nous faire passer par des routes aussi improbables ? »

Le club des drôles d’oiseaux

« Cher journal, j’ai beaucoup réfléchi. C’est vrai que je n’ai pas d’amis, mais au collège on est plusieurs à ne pas en avoir. Alors je me suis demandé pourquoi tous ceux qui n’ont pas d’amis ne  deviendraient pas amis. »

La valise

« Une bonne minute leur fut nécessaire pour convenir que cette araignée-là n’était pas d’une taille modeste. Quant aux mesures qui devaient être prises à son encontre, leurs avis divergeaient. »